“Malakoff soutient les projets des jeunes pour les vacances”

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Avant-garde se penche sur la question du droit aux vacances, levier essentiel de la socialisation, des apprentissages et de la construction de chaque jeune. Nous sommes allés à la rencontre de Saliou Ba, adjoint à l’Action sociale, Hébergement d’urgence et Jeunesses de la ville de Malakoff, afin de découvrir la politique de la ville et les dispositifs mis en place.

Le droit aux vacances est essentiel pour une ville comme la vôtre, comment cela se traduit-il localement ?

Pour nous, c’est un droit. On considère que tout le monde a le droit d’avoir accès aux vacances. C’est pour ça qu’à Malakoff, on œuvre pour que tout le monde puisse bénéficier de vacances, y compris des gens des quartiers populaires ou de classes sociales les plus défavorisées.

Notre ville est dotée de centres de vacances, de centres sociaux et de services administratifs qui permettent d’œuvrer au service du droit aux vacances pour toutes et tous. 

Quand on parle de droit aux vacances, on voit large. On intègre les mineurs, les jeunes majeurs et les familles dans notre combat pour l’accès aux séjours. Chez nous, il y a une adéquation entre le service jeunesse, les centres sociaux et le service enfance.

Est-ce que c’est la ville qui organise seule le départ en vacances des jeunes ou est-ce qu’elle coopère également avec des associations ? 

Pour l’organisation des séjours, nous travaillons exclusivement entre services, en transversalité, c’est pour nous quelque chose d’important. Nous sommes propriétaires de structures en France, nous avons nos colonies de vacances, ce qui permet de donner accès à une offre de départ en vacances au bénéfice de la population. Les centres sociaux avec lesquels nous travaillons sont encadrés par la CAF, ils ont les capacités de contribuer à la question du financement.

Dans notre ville, nous avons également des structures qui peuvent accueillir des micro séjours et que nous pouvons mettre à disposition des associations. Le Secours catholique y organise d’ailleurs des initiatives durant les vacances scolaires. 

Pour financer les « vacances pour tous », comment cela fonctionne à l’échelle d’une commune comme la vôtre ? 

Les offres de séjour mis à disposition de la population sont financées par les participants en prenant compte des quotients familiaux. Toutes les activités de la ville sont financées au quotient familial, que ce soit la restauration, les séjours pour les mineurs… De cette manière, on permet à une majorité de jeunes d’avoir accès aux séjours, quel que soit son milieu d’origine.

Pour les jeunes majeurs, nous attribuons des bourses sur des projets jeunes, ce financement est permis via notre dispositif « carnet de voyage ».

Qu’est-ce que le dispositif « carnet de voyage » ?

L’idée de ce dispositif est que les jeunes constituent un dossier avec un projet budgété, accompagnés par un animateur référent jeunesse. Ensuite ils présentent leur projet devant une commission, nous les questionnons sur leur dossier et, à leur retour, ils doivent nous présenter une restitution de leur voyage. Cela peut-être une exposition de photos, une exposition culinaire… Cette restitution doit pouvoir être rendue accessible à toute la ville, afin que les habitants puissent partager cette expérience, en présence des jeunes qui ont bénéficié du dispositif. Notre objectif, c’est de contribuer à l’autonomie de ces jeunes majeurs.

Ce qui est réellement intéressant, c’est que l’on contribue à permettre à ces jeunes de construire des projets de séjours à l’international. Constituer un séjour, c’est aller chercher des informations sur la destination, rechercher des billets d’avion, organiser le séjour sur place : déplacement, hébergement, alimentation, connaissance du terrain…

Parmi les destinations dans lesquelles nos jeunes de Malakoff se sont rendus, il y a la Croatie, la Grèce, la Chine, le Vietnam ainsi que des pays d’Amérique du Sud. Ce dispositif a également profité à des jeunes qui ont construit un dossier pour un séjour humanitaire au Maroc, au Sénégal ou encore au Togo.