Nouvelle casse de l’assurance chômage à l’Assemblée

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L’Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi sur l’assurance chômage. Celui-ci permet à l’exécutif de changer les règles d’indemnisation des privés d’emploi à tout moment. Comme pour la précédente réforme, il s’agit de baisser la durée d’indemnisation et durcir les conditions d’accès à l’assurance chômage. La réforme doit encore être discutée au Sénat fin octobre. 

Ce projet repose sur l’idée absurde que réduire les droits des chômeurs permettrait de faire baisser le chômage en les incitant à travailler. Comme si l’assurance chômage favorisait le chômage. Pourtant, un tiers des personnes éligibles à l’indemnisation ne recourt pas à ce droit.

Le gouvernement souhaite ainsi aider le patronat à recruter dans les secteurs rencontrant des difficultés à le faire. Néanmoins, rien n’est prévu pour améliorer l’attractivité de ces métiers ni pour former les salariés qui souhaiteraient s’y orienter. Pour le patronat, un salarié privé d’emploi est donc censé accepter n’importe quelle offre d’emploi, même si elle ne propose qu’un bas salaire et des conditions de travail dégradées.

La modulation de l’indemnisation

Dans le texte est introduite la modulation des règles d’indemnisation selon la conjoncture économique. Par simple décret, le gouvernement pourrait ainsi changer la durée d’indemnisation ou encore le montant de celle-ci. Cela permettrait selon eux de trouver de la main-d’œuvre corvéable au patronat s’il y a des postes non pourvus dans les secteurs non-attractifs. En vérité, cela créera surtout de la pauvreté.

De plus, la modulation de l’indemnisation permet de court-circuiter les négociations avec les organisations syndicales, qui ne participeront plus à la gestion de l’assurance chômage. Enfin, le gouvernement pourrait faire des économies sur le dos des chômeurs sans rien demander à personne.

Les jeunes durement impactés

Pendant la discussion parlementaire, les députés de droite en ont profité pour glisser dans le texte un amendement pour considérer les abandons de poste comme des démissions. Contrairement à un licenciement, la démission n’ouvre pas de droit à l’assurance chômage. C’est une grave atteinte au droit du Travail qui renforce l’arbitraire patronal, sans tenir compte de la violence à laquelle peuvent être exposés les salariés sur leur lieu de travail.

Le gouvernement tente de minimiser le caractère antisocial de sa réforme en promettant de ne pas toucher au montant des indemnités chômage. Mais, d’une part, avec la modulation par décret, les promesses n’engagent que ceux qui les croient, d’autre part la précédente réforme a déjà baissé le montant des allocations en changeant le mode de calcul pour réaliser des économies. 

C’est ainsi que l’Unedic avait conclu en 2021 que les jeunes seraient les plus impactés par la réforme, étant ceux qui alternent le plus souvent les périodes non travaillées et travaillées. Selon les estimations de l’époque, deux allocataires sur trois voyaient leur allocation baisser avec le nouveau mode de calcul. 

Élisabeth Borne avait d’ailleurs vendu la baisse des allocations par le prétendu allongement de la durée d’indemnisation… qu’elle réduit aujourd’hui !