À Saint-Raphaël, la stèle de la honte

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À Saint-Raphaël, la stèle de la honte


Le samedi 23 août à Saint-Raphaël (Var), le maire LR Frédéric Masquelier a inauguré, une stèle « à la mémoire des victimes des totalitarismes communistes », financée sur fonds publics, à l’occasion de la Journée européenne du « ruban noir ». Instituée en 2009 par le Parlement européen, cette journée cherche à assimiler artificiellement communisme et nazisme, en s’appuyant sur le pacte germano-soviétique de 1939.

À Saint-Raphaël, la manœuvre révisionniste est encore plus flagrante : le nazisme est totalement passé sous silence, tandis que “l’idéologie communiste” est systématiquement stigmatisée. Une opération prévisible venant d’un maire proche du député d’extrême droite Eric Ciotti, et qui avait parrainé en 2022 la candidate d’un parti fondé par d’anciens collaborateurs et Waffen-SS.

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Cette falsification négationniste de l’Histoire a suscité la mobilisation du Parti Communiste Français, de la Ligue des droits de l’homme, d’élus de gauche et d’associations d’anciens combattants, rassemblés ce week-end devant la mairie pour dénoncer cette stèle de la honte.

Du Mont-Valérien à Stalingrad : une stèle pour salir ceux qui ont libéré la France

Qui donc furent les prétendues « victimes » du communisme en France ? Exclusivement les collabos et les nazis que les Francs-tireurs et partisans (FTP) ont affrontés au prix de leur sang. Ce sont eux seuls qui sont tombés sous les balles des communistes dans l’hexagone.

C’est sur la mémoire des FTP-MOI, de Missak et Mélinée Manouchian, récemment honorés au Panthéon, du Colonel Fabien, auteur du premier coup de feu de la Résistance, d’Henri Rol-Tanguy, libérateur héroïque de Paris, de Danielle Casanova et de tant d’autres que crache aujourd’hui Frédéric Masquelier. 

Dans son crachat sur la mémoire résistante, le maire a également fait retirer la stèle en hommage à Léon Landini, résistant FTP-MOI natif de la commune et héros de la Libération.

Les chiffres sont pourtant implacables : 80 % des otages exécutés par les nazis en France étaient communistes. Des dizaines de milliers furent arrêtés, déportés, fusillés pour avoir combattu l’occupant. Après-guerre, on surnommera le PCF le « parti des 75 000 fusillés ». Peu importe les pinaillages sur les chiffres : son rôle central dans la Libération est indiscutable.

À l’échelle mondiale, « La Russie soviétique a joué le rôle principal dans notre libération. » Ces mots ne sont pas de Joseph Staline ou de Maurice Thorez, mais bien de Charles de Gaulle. Ce ne sont pas moins de 80 % des pertes de l’armée allemande qui furent infligées par l’Union soviétique au cours de la guerre. C’est à Stalingrad, Koursk, Berlin que le Reich a été écrasé, au prix de 27 millions de martyrs que la mairie de Saint-Raphaël piétine aujourd’hui.

Et, pendant que l’on érige des stèles pour salir le mouvement ouvrier, les vraies victimes du capitalisme continuent de s’accumuler : guerres, génocides, pillage impérialiste, famines organisées, pauvreté structurelle, maladies évitables, racisme, sexisme, colonialisme et néocolonialisme. Selon l’ONU et l’OMS, la faim et les maladies de la misère tuent chaque année des millions de personnes. Les guerres contemporaines pour le contrôle des ressources font, elles aussi, des centaines de milliers de morts. Mais pour ces morts-là, aucun monument, aucune journée européenne.

Les communistes ont payé le prix du sang pour que la France et l’Europe soient libres. Les salir aujourd’hui, c’est cracher sur la mémoire de celles et ceux qui sont tombés pour la Libération.

« Nous avons libéré l’Europe du fascisme, mais ils ne nous le pardonneront jamais. » – Maréchal Gueorgui Konstantinovitch Joukov, bourreau de la barbarie hitlérienne.


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