Le 10 septembre, on ne se mobilise pas par réflexe. Ce jour-là, comme tant d’autres, nous serons dans la rue parce que nous n’en pouvons plus. Parce que nous savons que demain risque d’être pire qu’hier. Parce que, pour des millions de jeunes, de travailleurs, de lycéens, d’étudiants, de précaires, il n’y a plus de promesse de progrès.
Ce déclassement n’est pas une fatalité. Il est le fruit d’un système : le capitalisme, et de ses deux bras :
Le bras droit, qui change de visage mais pas de politique – Sarkozy, Bayrou, Macron – et qui assume ne pas vouloir augmenter les salaires pour ne pas menacer les profits, au nom d’une compétitivité chimérique.
Le bras gauche – Valls, Hollande, Ayrault – qui prétend parler au nom du peuple mais applique les mêmes recettes, en changeant juste l’emballage.
À cela s’ajoute l’affaiblissement des deux grandes forces révolutionnaires que sont la CGT et le PCF. Résultat : une immense majorité de gens ne croient plus que la politique ou les syndicats peuvent changer leur vie. Ils ne pensent plus qu’une alternative est possible, quand ils ne fondent pas leur dernier espoir dans le RN.
Notre tâche est immense, mais elle est claire : réparer ce qui est cassé. Recréer le lien entre les communistes et la classe travailleuse. Reconstruire une conscience de classe, pour que chacun se rappelle qu’ensemble, nous sommes plus forts que le patron.
Cela commence dans les luttes, dans la rue, mais surtout dans les entreprises. Certains, à gauche, nous expliquent qu’il faudrait attendre la chute de Macron, élire Jean-Luc Mélenchon président de la République, et qu’ensuite tout ira mieux. C’est faux.
Il n’existe aucun exemple dans l’histoire où de grandes conquêtes sociales ont été obtenues sans mobilisation dans les boîtes. Alors pourquoi fonder tous nos espoirs sur une élection ? Dès maintenant, allons dire à nos collègues qu’ensemble, on peut arracher des choses au patron. Il suffit d’être majoritaires. Évidemment, ça demande énormément de travail. C’est sûrement plus compliqué que de crier à la grève générale comme un perroquet fatigué.
Le 10 septembre est une étape. Une occasion d’être présents, visibles, actifs. Mais surtout, cela continue tous les jours. En convainquant. En portant nos propositions. Et en lançant notre campagne pour la création d’un million d’emplois pour la jeunesse.
Car un million d’emplois, c’est un million de raisons de dire que ce n’est pas aux capitalistes de décider quels emplois existent, à quoi ils servent, ni où va la richesse produite. C’est à nous d’en décider, collectivement, démocratiquement.
Mobilisons-nous. Pour l’emploi, pour notre avenir, pour une société débarrassée du capitalisme, pour construire une voie vers le socialisme à la française. Ça commence le 10 septembre.