François Bayrou nous a ressorti du placard le sempiternel refrain de la dette pour justifier son budget du déclin. À l’écouter, les jeunes seraient “réduits en esclavage” pour rembourser la dette “décidée par les générations précédentes”.
En tapant sur les “boomers”, Bayrou croit sans doute pouvoir faire diversion et attiser le ressentiment entre générations. Il cherche à nous diviser, mais nous ne sommes pas dupes : le problème n’est pas générationnel, mais bien de classes.
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Nos aînés n’ont pas vidé les caisses en douce pour nous laisser la note. Ce qui a saigné le pays, c’est la désindustrialisation, ce sont ceux qui ont vendu nos usines au plus offrant, c’est l’autonomisation de l’université qui n’a servi qu’à couper les budgets et à livrer l’enseignement aux logiques de marché. Le problème, c’est que le patronat et ses représentants nous ont privés de nos outils, de notre production, de nos savoir-faire et de nos formations. Voilà pourquoi nous peinons à relever le pays.
Bayrou s’inquiète de la dette ? Soit. Mais il se garde bien de dire qui encaisse. Il passe sous silence qu’avec Macron, la dette française a été livrée aux marchés financiers étrangers, en grande partie américains. Et il tait l’essentiel : ce choix nous place à genoux devant eux. Demain, la première dépense de l’État ne sera plus l’école, la santé ou l’emploi, mais le simple remboursement des intérêts de la dette.
Alors assez d’hypocrisie. Et posons la bonne question : comment relever le pays ? Certainement pas en montant les générations les unes contre les autres. Mais en réindustrialisant massivement, en recréant des emplois stables, en rouvrant des formations utiles à la société.
La dette n’est pas une fatalité. C’est un choix politique : celui de laisser la finance gouverner à la place du peuple. Et c’est ce choix-là qu’il faut combattre. La bataille n’est pas entre les jeunes et les vieux. Elle est entre ceux qui subissent, et ceux qui profitent. En un mot : une lutte de classes.