À bout de souffle

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La faculté de droit de l’université de Nantes a annoncé réduire de 25 % les capacités d’accueil en Licence 1 et Master 1 dès la prochaine rentrée. 

Annonce qui choque les étudiant·e·s et soulagement en demi-teinte pour le personnel. Comment est-on arrivé à une décision pareille dans une université comme celle de Nantes ? 

La réponse est simple : un manque de budget chronique qui a nécrosé la qualité de travail du personnel. Il y a un an, une alerte pour danger grave et imminent sur la santé mentale du personnel avait été formulée auprès du CHSCT. 

Une situation terrible pour le personnel encadrant qui est à bout de souffle. Et pour cause, le taux d’encadrement à l’université de droit de Nantes serait de 3 personnels pour 100 étudiant·e·s, largement en dessous de la moyenne nationale (déjà faible). 

Cette situation est la conséquence de l’autonomisation des universités et du manque de budget qui en découle. Aussi, elle découle d’une logique qui a pour but de mettre en concurrence les universités dans des classements aux critères plus que douteux, comme le classement de Shanghai. Cette mise en compétition n’est bonne pour personne, elle ne fait que dégrader la qualité des cours et les conditions de travail et de cours. C’est la course aux subventions qui prime !

Fermeture, sélection drastique, vétusté des bâtiments, insuffisance de personnel, manque de budget, précarité étudiante… C’est tout le système universitaire qui est à bout de souffle. 

L’objectif maintenant est de réussir à sortir de cette impasse en transformant radicalement l’enseignement supérieur et la recherche. Nos facultés n’ont pas à être rentables ou à faire des économies au prix de l’avenir des jeunes et des salarié·e·s. Il est urgent de sortir les facs et l’ensemble des services publics de cette logique capitaliste. 

Notre ministre n’est pas en peine de réformer l’université, mais va-t-elle dans le bon sens ?