Fin de la trêve hivernale et catastrophe sociale

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Fin de la trêve hivernale et catastrophe sociale

La trêve hivernale touchait à sa fin lundi et dans le même sillage, le retour des expulsions locatives. En France, le mal logement augmente chaque année. Tout comme le nombre de personnes à la rue qui grimpe en 2024 à 350 000. Si Macron avait dit en faire une grande cause de son mandat, les comptes n’y sont pas. 

La crise du logement fait l’effet d’une bombe sociale dont l’explosion se ressent un peu plus chaque année. Cette crise touche toutes les populations fragiles, des étudiants, aux travailleurs précaires en passant par les privés d’emplois. Pourtant, il y aurait en France plus de 3 millions de logements vacants. 

Cette situation résulte d’un cruel manque de volonté politique et d’un choix de laisser faire le marché. D’une idée folle d’un marché de l’immobilier qui pourrait s’autoréguler. Pourtant, les résultats sont là. Lorsqu’on cherche à faire du profit, on ne loue pas aux précaires, on ne fait pas de travaux et encore moins de rénovations énergétiques. Comment s’étonner des dérives d’un système qui fait d’un besoin vital un objet de spéculation lucrative.

Les réponses sont là, en face de nous, mais nous refusons de les saisir. Au lieu d’expulser les locataires, exproprions les multi-propriétaires qui se font de l’argent sur notre dos. Refusons la norme de la propriété lucrative. Continuons à réduire le pré-carré d’Airbnb qui est un acteur du mal logement. 

Mais surtout, construisons des logements sociaux et planifions cette construction. Voilà la seule solution que nous avons à notre disposition pour obtenir des logements de qualités et accessibles. Ceux qui nous disent que c’est impossible sont les mêmes qui voudraient s’attaquer à la trêve hivernale. 

Le logement digne est une condition pour s’émanciper, disposer d’un travail ou étudier dignement. Il s’agirait de ne plus simplement survivre, mais de pouvoir vivre.


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