Une « lutte » contre l’inflation au service du Capital

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Depuis maintenant près d’un an, la hausse du coût de la vie place au centre du débat la problématique du pouvoir d’achat et des salaires. Quatre ans après le mouvement des Gilets jaunes, la question du niveau de vie se pose avec toujours plus d’urgence. 

Le gouvernement a profité de l’été pour faire débattre et adopter une loi sur le pouvoir d’achat supposée répondre à l’inquiétude économique grandissante. Cette loi ne porte aucune mesure véritable de progrès social. Pire, elle entérine le transfert de pans entiers de l’argent public vers les intérêts privés. 

Tandis que la population peine à joindre les deux bouts, le patronat se gave. La rémunération moyenne d’un dirigeant d’une entreprise du CAC 40 a doublé depuis 2020 en atteignant les 8,7 millions d’euros annuel, soit 453 SMIC. Malgré les profits records, la question des salaires n’est pas posée par la majorité. La loi pouvoir d’achat se contente d’ouvrir la possibilité aux employeurs de verser une prime de 3000 euros exonérée d’impôt et de cotisations sociales à leurs salariés touchant moins de trois fois le SMIC.

Encore une fois la droite masque son caractère profondément antisocial par des aides de charité, versée à des travailleurs mis en incapacité de vivre de leur travail. L’absence de cotisation sociale prive le salarié d’une forme de salaire différé, incarnée par la sécurité sociale. Par la défiscalisation des primes l’État prend en charge une partie du financement d’un travail pourtant producteur de profit privé. De plus, le versement de cette prime n’est en aucun cas obligatoire : nul doute qu’elle ne concernera que peu de salariés. 

Le rachat des RTT : le droit au repos marchandisé

La loi pouvoir d’achat introduit également une nouvelle modalité plus étendue de rachat des RTT acquises entre le 1er janvier 2022 et la fin de l’année 2025. Cette mesure dépend encore une fois du bon vouloir de l’employeur qui peut refuser la demande d’un de ses salariés. La somme versée est, comme la prime, défiscalisée, contrairement aux anciennes modalités de monétisation des RTT. 

Outre la disjonction de plus en plus forte entre les revenus du travailleur et un salaire ouvrant sécurité économique et droits sociaux, cette mesure exclut de fait les agents de la fonction publique qui ne bénéficient pas de RTT. Ceux-ci devront se rabattre sur la maigre augmentation de 3,5 % du point d’indice gelé ces douze dernières années. Au sein du secteur privé, le rachat des RTT favorise de plus les cadres, qui, selon une étude de la DARES de 2017, bénéficient le plus de RTT (33 jours par ans en moyenne contre 26 pour les ouvriers non qualifiés). 

La loi pouvoir d’achat associe à ces deux premières mesures une revalorisation de 4 % de certaines prestations et aides sociales telles que les pensions de retraite, le RSA, la prime d’activité, les allocations familiales, les APL, ou l’AAH. 

Au micro de France info, Fabien Roussel résume : « il n’y aura pas un kopeck de plus pour les salaires dans le privé ». À une question sociale de plus en plus aiguë, nous répondons par la seule véritable option possible : une répartition démocratique du travail et des richesses.