Sarkozy face à la justice dans l’affaire du financement libyen

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Sarkozy face à la justice dans l’affaire du financement libyen

Le procès de Nicolas Sarkozy pour financement illégal de campagne électorale, corruption et recel de fonds publics, touche à sa fin. Le parquet a requis sept ans de prison contre l’ancien président de la République, accusé d’avoir reçu 50 millions d’euros du régime de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne de 2007. 

Un président face à la justice 

L’histoire commence en 2012, quand Mediapart publie un document explosif attestant du financement libyen de la campagne de Sarkozy. Le site d’investigation est immédiatement attaqué en justice, mais les témoignages s’accumulent. Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais, affirme avoir transporté des valises remplies de billets entre Tripoli et Paris. D’anciens dignitaires libyens confirment ces accusations.

Malgré ces révélations, l’instruction progresse lentement. Sarkozy et ses proches nient en bloc, dénonçant un “complot” judiciaire. Pourtant, en 2018, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine est mis en examen pour corruption passive et financement illégal de campagne. Deux ans plus tard, une nouvelle mise en examen pour association de malfaiteurs vient alourdir son dossier.

Il faudra attendre janvier 2025 pour que l’affaire arrive enfin devant la justice. Le 27 mars, le parquet national financier requiert sept ans de prison et 300 000 euros d’amende contre Sarkozy. La somme d’argent impliquée, la nature des accusations et l’importance des protagonistes font de ce procès un événement politique majeur.

Parier sur une justice de classe

Mais cette affaire dépasse le cas Sarkozy. Elle met en lumière un véritable système de défense de classe. Les règles censées encadrer la démocratie sont, dans cette affaire, contournées par ceux-là mêmes qui prétendent les défendre.

Ce procès pose une question essentielle : la justice est-elle la même pour tous ? L’issue de ce jugement dira si un ancien président peut, lui aussi, rendre des comptes. Le verdict attendu dans les prochains mois sera un test pour l’État de droit. Une condamnation ferme marquerait une avancée contre la corruption, mais si Sarkozy échappe à la prison, cela ne ferait que renforcer l’idée d’une justice à deux vitesses. Difficile de ne pas faire un parallèle avec la condamnation récente de Marine Le Pen et de plusieurs cadres du Rassemblement National. Verdict qui a été décrit comme un véritable « séisme politique » et qui a prouvé que la justice est capable de sévir, même face à des personnalités influentes.


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