Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a eu l’effet d’une bombe dans le milieu universitaire américain. Pour le président républicain, l’université est un lieu d’endoctrinement trop progressiste et trop « woke » qu’il faut mater et démanteler. Pour cela, le gouvernement américain mène une lutte contre la science à grands coups de coupes budgétaires et de censure. Ce sont les domaines de la santé, des sciences humaines et de la recherche sur le réchauffement climatique qui sont principalement visés. La recherche académique américaine fait face à une offensive réactionnaire.
Donald Trump a désormais le champ libre
Le premier mandat de Donald Trump 2017-2021 ne lui avait pas permis de mettre en œuvre sa politique de démantèlement du système académique américain. Dorénavant, l’appareil d’État, comme les différentes chambres législatives, se retrouvent complètement à sa botte, lui permettant d’avoir une pleine emprise sur la recherche et la distribution du savoir aux États-Unis. Les pressions sur les chercheurs et les étudiants sont considérables, avec des menaces de licenciement permanent, voire d’emprisonnement pour toutes celles et ceux qui participent aux mouvements de résistances face aux coupes budgétaires et à la censure.
Jeudi 20 mars, le président américain a acté « l’élimination du ministère de l’Éducation », laissant toute cette prérogative aux États, ce qui laisse craindre de graves retours en arrière en matière d’enseignement.
Désormais, pour espérer obtenir une subvention, les chercheur américains vont devoir bannir un certain nombre de termes de leurs publications. La Fondation nationale pour la science a rédigé une note interne qui liste les mots à éviter. On y retrouve entre autres les termes “activisme”, “minorités”, “trauma”, “femme”, “climat” et bien d’autres. L’objectif est de lutter contre les dites “inepties de gauche” dans la recherche. Le monde universitaire va donc être contraint de s’auto-censurer pour continuer à travailler. Certains secteurs, directement visés par ces mesures telles que les sciences humaines ou de l’environnement, n’auront d’autres choix que de se taire.
Les étudiants américains en tête de peloton
En dehors des chercheurs, ce sont des millions d’étudiants américains qui sont impactés par la politique de l’administration Trump. Les menaces à leur encontre et les milliers de places en moins dans de nombreuses filières sont un frein à l’émancipation de la jeunesse. On peut craindre que la dégradation actuelle du savoir ait un impact à long terme dans la société américaine.
La situation est donc très préoccupante. Les États-Unis étant à la tête de la recherche mondiale dans de très nombreux secteurs, le tournant réactionnaire qui est en train de s’abattre sur le monde universitaire américain risque de déstabiliser grandement des secteurs de recherche cruciaux à l’échelle internationale tels que la lutte contre le changement climatique ou le secteur de la santé.