Encore une COP timide ?

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Cette semaine s’est ouverte la COP 27 sur le climat. Les dirigeants politiques des pays impérialistes s’en donneront à cœur joie en promettant monts et merveilles devant les caméras de télévision. Dès le lendemain, l’inaction climatique continuera, car il est peu probable que la remise en question du capitalisme soit la conclusion collective.

Pendant que la planète brûle, en France, les gouvernements successifs tournent la tête. L’extrême droite et la droite ferment les yeux dans une sorte de malhonnêteté intellectuelle à peine voilée. Une partie de la gauche tape ailleurs, toujours plus prête à faire culpabiliser les citoyens plutôt qu’à attaquer le problème à la racine. Certains écologistes se renferment même dans une sorte de « courage fuyons ». À les entendre, surtout, ne faisons rien. Surtout, ne produisons pas. Surtout, ne rénovons aucun logement. Surtout, ne croyons pas au progrès technique. 

Entre sobriété, inaction climatique et regard rétrograde bloqué sur le rétroviseur, fantasme d’une société passée, la frontière est fine. 

Les dirigeants présents à la COP 27 doivent prendre le chemin inverse. Cette COP devrait accoucher sur des promesses d’investissement dans le chemin de fer, dans la construction de centrales nucléaires pour décarboner l’électricité, dans l’enseignement supérieur pour former les scientifiques de demain. Mais de tout ça, il n’est pas question.

Lançons de grands travaux pour le climat, réconcilions l’industrie et l’écologie. Relocalisons la production pour arrêter avec des transports de marchandises aberrants. Ouvrons le débat sur de nouvelles méthodes de productions. Reprenons l’agriculture pour inventer un modèle durable. Construisons l’écologie populaire.

L’enjeu important de cette COP repose tout de même sur un bras de fer entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il est admis que les pays développés doivent aider financièrement les pays du Sud pour que ces derniers puissent construire un modèle de développement viable. Évidemment, rien n’est si simple. 

Les États-Unis sont tout simplement absents et n’envisagent pas une seule seconde d’indemniser qui que ce soit. La Chine, gros pollueur également, n’est pas à la COP27, mais se dit prête à faire des efforts financiers à destination des pays du Sud. À suivre donc.

Les pays des Suds sont assez pessimistes tant il est probable qu’aucune avancée significative ne sorte de cette réunion au sommet. Pourtant, les discours seront sûrement brillants et les débats passionnants. 

« Urgence climatique », « la maison brûle », « la décennie où tout est possible »… Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots, rien que des mots, comme dirait la célèbre chanteuse franco-italienne.