10 novembre : la jeunesse en ordre de bataille

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Ils étaient des milliers dans la rue, devant les lycées et les universités le 18 octobre. Et ils ne comptent visiblement pas en rester là. Alors que les organisations professionnelles appellent à une date de mobilisation pour les salaires et contre la réforme des retraites le 10 novembre, les jeunes se sont joints à l’appel, à l’initiative d’une interorganisation rassemblant les forces syndicales et politiques progressistes — Jeunes insoumis et NPA Jeunes mis à part. 

Les militants sur le terrain depuis la rentrée 

Si les mots d’ordre des syndicats sont bien à la base de la contestation de la jeunesse, les organisations politiques telles que le Mouvement jeunes communistes de France souhaitent élargir l’adresse. 

« Avant même d’obtenir son premier emploi et d’être confrontés à la question des bas salaires, les jeunes rencontrent de nombreuses embûches » déclare Léon Deffontaines, secrétaire général. Il détaille : « Parcoursup, la réforme du bac pro ou encore la précarité étudiante empêchent les jeunes de se projeter, c’est donc aussi contre ça qu’on veut mobiliser ». 

Ainsi, depuis la rentrée, les jeunes communistes sont présents devant les lycées. On les retrouve ainsi dans de grandes villes comme Bordeaux, Toulouse, Nanterre, Paris, Rennes, Angers ou encore Lille. Mais fort de son implantation locale, c’est aussi à Tulle, Tarbes, Pau, Besançon ou encore Saint-Brieuc que les jeunes communistes vont à la rencontre des lycéens et des étudiants. 

Les lycées mobilisés

On en dénombrait une centaine le 18 octobre, mais il se pourrait que le nombre de lycées bloqués ce jeudi dépasse largement ce chiffre. 

À Tarbes, où le lycée ne s’était pas mobilisé lors de la première date, Roman, responsable local des Jeunes communistes, explique : « C’est vrai qu’on s’était un peu loupé le 18, mais on va se rattraper jeudi ! On a créé une page Instagram de mobilisation et on est déjà une cinquantaine à organiser le blocus ». 

Même son de cloche à Lille, où le 18 avait mobilisé à la marge : « On a réussi à organiser un meeting avec une cinquantaine de lycéens à Roubaix pendant les vacances, et ça devrait donner lieu à un blocage sur un lycée important de Lille ce jeudi », déclare Pierre, coordinateur départemental du MJCF 59. 

À Lyon, Rouen ou encore Grenoble, villes où les lycéens étaient peu mobilisés le mois dernier, la mobilisation s’annonce massive dans les lycées. 

Il semblerait aussi que les succès du 18 octobre dans certaines villes aient donné envie aux lycéens de remettre le couvert. « À Poitiers, les lycéens avaient déjà bloqué le 18. Pendant les vacances, on a pu réunir ces lycéens, et d’autres, pour planifier la journée du 10. Résultat : trois lycées devraient être bloqués », raconte Zoé, dirigeante des Jeunes communistes dans le département. 

À Nanterre, où les lycéens avaient été à l’avant-garde en se mobilisant dès le début du mois d’octobre, la mobilisation devant les lycées devrait reprendre, épaulée par des jeunes communistes. Des mobilisations lycéennes que l’on retrouvera aussi à Tulle, Nantes ou encore Arras. 

Les universités pas en reste

Leur relative absence avait été remarquée le 18 octobre, mais il semblerait que la mobilisation dans les universités s’amorce doucement. 

Il en est ainsi à l’université Caen-Normandie, où le MJCF est à l’initiative d’une Assemblée générale ou encore de Grenoble et Clermont-Ferrand qui organisent leur première AG de l’année cette semaine. 

Au-delà de ces temps de réunion, ce sont des départs en communs depuis la fac vers les manifestations qui seront organisées. Ce sera le cas en région Parisienne où les Jeunes communistes organisent des départs communs vers le cortège parisien depuis l’Essonne ou les Hauts-de-Seine. 

Au-delà des franciliens, notons l’exemple des étudiants nantais qui ont prévu de se rendre à la manifestation depuis leurs lieux d’études, ou encore, plus rare, les ariégeois de Foix qui rejoindront en cortège la manifestation depuis leur centre universitaire : « Une première depuis des années ! » se félicite Gabriel, responsable étudiant local des Jeunes communistes. 

S’il est évidemment trop tôt pour parler d’un succès, il semblerait que la date du 10 novembre soit bien partie pour réunir la jeunesse pour la défense de son droit à l’avenir. 

Après les projections, place à l’action, jeudi.