Qu’est-ce qui attend les étudiants ?

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Qu’est-ce qui attend les étudiants ?

On aurait envie de répondre à cette question de la même manière que les années précédentes : « Toujours la même galère » ou « rien de spécial ». Mais les étudiants vont faire face à une accélération des problématiques, selon toute vraisemblance. En premier lieu, la question du locatif et de la difficulté à trouver un logement à loyer raisonnable, mais aussi le dégel des frais d’inscriptions qui n’arrange en rien la situation précaire des étudiants du pays.

Le casse-tête du logement étudiant 

La crise du logement étudiant est un problème chronique et persistant qui s’aggrave chaque année. Avec le nombre croissant d’étudiants et la pénurie de logements à loyer abordable, de nombreux jeunes se retrouvent dans des situations précaires. Obligés de trouver un job ou de se résoudre à un logement en mauvais état (favorise le redoublement ou l’abandon), les étudiants sont mis en difficulté et ne peuvent pas se tourner à 100 % vers leurs études.

Alors que le gouvernement préfère se concentrer sur l’expulsion odieuse de 3 000 étudiants d’ici au 30 juin pour l’accueil des Jeux olympiques, ce dernier ferait mieux de s’inquiéter des conditions de vie des étudiants et de la crise du logement. 

En effet, le marché locatif est particulièrement tendu, surtout dans les moyennes et grandes villes, et les annonces de biens à louer diminuent. Par exemple, à Arras (Pas-de-Calais), ce sont 5 471 étudiantes et étudiants qui viennent poursuivre leurs études. Pourtant, la ville ne possède que 321 logements CROUS. Ils sont donc obligés de se tourner vers le parc privé. De plus, beaucoup de villes enregistrent de fortes hausses. On note que de nombreuses villes moyennes, comme La Rochelle, Brest ou Aix-en-Provence figurent dans le Top 10 des pires communes pour trouver un logement étudiant. Ainsi, au Mans et à Dijon, il est deux fois plus complexe de trouver un T1 qu’en 2023.

Selon les secteurs, les problématiques sont différentes. C’est pour cela que l’Union des Etudiant.es communistes a décidé de faire du logement sa campagne de rentrée, en mettant en avant des revendications à la fois générales et locales au plus proche des différents besoins des étudiants. L’UEC propose la construction d’au moins 350 000 places en logements CROUS, la rénovation des cités universitaires, et l’encadrement des loyers au sein du parc privé.

Le dégel des frais d’inscription : Une barrière supplémentaire à l’enseignement supérieur

Normalement indexés sur l’inflation, les frais d’inscription étaient bloqués depuis la rentrée de 2020 afin de protéger les étudiants des effets de la crise sanitaire. Un gel qui arrive à son terme dès la rentrée 2024.

Les frais d’inscription en licence passeront donc de 170 € à 175 €. Pour les masters, l’augmentation sera de 7 €, portant les frais d’inscription à 250 €. Enfin, les étudiants doctorants devront payer 391 €, soit 11 € de plus. Le tout accompagné d’une augmentation de la CVEC de 3 €. 

Au cœur d’une crise du logement et du pouvoir d’achat inédite, ces augmentations sont injustifiables. Or, c’est avant tout un choix politique. Le déficit budgétaire des universités et la réduction de 904 millions d’euros ne devraient en aucun cas être supportés par les étudiants. Les annonces du ministère suivent toujours la même direction, alors que nous attendons depuis plusieurs années une réforme des bourses.

Encore une fois, les étudiants font face à un gouvernement déconnecté de leur réalité quotidienne. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche énonçait en réponse à cette mesure que “ces frais restent très modérés au regard du coût réel de ces formations et de la dépense de l’État”. 

Là encore, l’UEC se veut force de propositions et revendique la création d’un revenu étudiant au minimum du seuil de pauvreté et la gratuité des études supérieures. Cependant, il ne s’agit pas seulement de sortir les jeunes de la précarité, mais aussi de permettre à des générations de se former. Les transformations sociales, économiques et écologiques exigent une large révision de notre modèle d’enseignement supérieur. 


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