Parcoursup, la ségrégation sociale continue

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Parcoursup, la ségrégation sociale continue

Cette semaine, des centaines de milliers de lycéennes et lycéens ont finalisé leurs vœux sur Parcoursup, avec une angoisse bien connue : seront-ils admis dans la formation de leur choix, condamnés à une attente interminable, ou tout simplement privés de faire des études ?

Depuis sa création, cette plateforme n’a fait qu’aggraver les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur. Elle transforme le lycée en une vaste classe préparatoire, où les élèves sont forcés de stratégiser leur parcours dès 16 ans. Les spécialités choisies, l’établissement d’origine, voire la “réputation” de ce dernier deviennent des critères déterminants pour l’avenir. Un lycéen issu d’un établissement populaire aura toujours moins de chances d’accéder aux formations les plus demandées qu’un élève d’un grand lycée parisien. La reproduction sociale est en marche, et elle est automatisée par un algorithme.

Plus insidieux encore, Parcoursup dissimule la sélection sociale derrière un vernis de méritocratie. En réalité, les critères de sélection restent opaques et arbitraires. Certaines formations pondèrent les notes des candidats en fonction de leur lycée d’origine, une pratique qui, sous couvert d’équité, entérine en fait des discriminations systématiques.

Les étudiants en réorientation ne sont pas mieux lotis. Nombreux sont ceux qui, après une première année décevante, se retrouvent face à un mur. Parcoursup les force à repartir de zéro, sans prendre en compte leurs compétences acquises, et les enferme souvent dans des formations subies.

Alors que le gouvernement prétend lutter contre les inégalités scolaires, il maintient un système qui exclut les enfants des classes populaires des filières les plus prestigieuses. L’urgence est, pourtant, de garantir un droit réel à l’enseignement supérieur pour toutes et tous. Cela passe par la suppression de Parcoursup et l’instauration d’un accès direct aux formations post-bac, accompagné de moyens renforcés pour accueillir dignement les étudiants.

L’éducation n’est pas un privilège, c’est un droit. Le combat pour une école ouverte à toutes et tous après le bac est plus que jamais d’actualité.


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