D’Anne Sylvestre à Angèle, le féminisme en chanson

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D’Anne Sylvestre à Angèle, le féminisme en chanson

“Nous qui sommes sans passé, les femmes…” Ces mots résonnent dans les esprits de beaucoup de femmes, de militantes, de féministes. L’hymne des femmes ou hymne du MLF, écrit par des féministes en 1971, fait aujourd’hui partie du paysage musical militant. 

Mais il n’est pas nécessaire de connaître par cœur cet hymne pour écouter et chanter à plein poumon des chants vivement féministes. 

Connaissez-vous Anne Sylvestre ? 

Vous avez peut-être entendu durant votre enfance ses textes drôles et enfantins. Néanmoins, elle est aussi considérée comme l’une des grandes chanteuses du féminisme français. Au travers de textes empreints d’images, elle s’est engagée dans une lutte musicale contre le patriarcat. 

Derrière l’allégorie d’un cambriolage, elle raconte la violence du viol encore banalisé dans la société où elle évoluait. À l’image de L’aigle Noir de Barbara qui évoquerait l’inceste qu’elle a subi durant son enfance.  

Dans un récit hommage aux femmes et à leur condition, Une sorcière comme les autres, Anne Sylvestre signe ce qui est considéré aujourd’hui comme sa plus grande réussite. 

Cette figure de la sorcière est depuis reprise dans tous les courants féministes.

Une période marquée par des revendications féministes dans la chanson  

Anne Sylvestre n’est pas seule dans les années 70 à 90 à manifester sa colère et l’indépendance des femmes dans la chanson. Elle est accompagnée de chanteuses mythiques comme Véronique Sanson, Brigitte Fontaine ou encore France Gall avec son titre Résiste

Ces chansons sont marquées par une société patriarcale, traversée de grands mouvements féministe et de lutte pour le droit à l’avortement à travers, notamment, le mouvement de libération des femmes dont l’hymne introduit cet article. 

Un mouvement international 

Ce courant musical féministe ne se cloisonne pas à la France, puisque dans le même temps, des artistes comme Nina Simone, Aretha Franklin ou Patti Smith signent des titres qui marqueront l’histoire de la musique. Notons l’incontournable Respect d’Aretha Franklin, encore entendu dans les mouvements féministes et repris en chœur tel un hymne.

Les mots d’ordre évoluent

À partir des années 90’, on observe un déplacement des revendications vers des chansons revendiquant une libération sexuelle puissante. 

Des artistes emblématiques à l’image de Madonna créent alors des shows aussi stupéfiants que chargés de messages d’émancipation des femmes. Artiste souvent controversée, elle a pourtant marqué son époque par des prises de positions fermes contre le patriarcat. 

Les années 2000 marquent l’explosion de la pop et des artistes féministes abordant tout un panel de revendications. 

C’est à ce moment qu’émergent des artistes encore sur toutes les ondes aujourd’hui, comme Beyoncé ou Katy Perry. 

Beyoncé est vue comme l’une des grandes figures féministes de la chanson. C’est un modèle de force, de détermination et d’émancipation pour beaucoup de jeunes femmes. Et pour cause, son illustre chanson Run the World (Girls) a été un réel coup de force et un poing levé à la face de ses détracteurs la targuant d’opportuniste. 

D’autres artistes choisissent l’autodérision pour dénoncer les comportements sexistes et le harcèlement de rue. C’est le cas de Koxie et de son titre Garçon. Dans les cours de récré et les boums des années 2000 résonne ces mots :

“Tu sais que garçon, si t’enlèves la cédille ça fait garcon 

et gare aux cons ma fille, gare aux cons.”

La chanson évolue, les revendications demeurent 

Entre 2010 et aujourd’hui, le féminisme est presque devenu une marque de fabrique pour certaines artistes qui vendent grâce à leur engagement et à leur talent des milliers de disques.

À l’image d’Angèle, qui, après le mouvement meetoo, sort un titre en réponse au hashtag Balance ton porc. Ou encore la rappeuse Chilla qui fait de son rap une arme de lutte contre le sexisme.  

Ces chanteuses portent de multiples revendications, entre la reconnaissance des violences sexistes et sexuelles et l’affirmation de soi. 


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