Les sommets sont-ils encore utiles ?

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“Nous n’avons jamais été aussi bien équipés pour relever le défi climatique, mais nous devons dès à présent passer à la vitesse supérieure.” Quoique pessimiste, ce constat du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, invite à se poser d’autres questions. Malgré la multiplication des “COP”, des “sommets”, existe-t-il vraiment une volonté de passer à la vitesse supérieure ?

La pratique des sommets s’est largement développée à partir des années 1970 dans le cadre des Nations unies. Elle a connu un tournant, sur le plan des ambitions, lors du 3è Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, puis avec le Protocole de Kyoto de 1997. En 2015, l’Accord de Paris signé à l’issue de la COP21 a fixé des objectifs plus élevés en termes de résultats.

Mais les dirigeants sont-ils à la hauteur de ces ambitions de neutralité carbone en 2050, de progression des températures inférieure à 2°C ? En septembre, une conférence de l’ONU aura lieu pour faire le point sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable contenus dans “l’Agenda 2030”. Il est fort probable que la déception soit grande au regard de l’urgence actuelle : en mars, le GIEC publiait un ultime rapport sur la situation climatique, un “guide de survie pour l’humanité” selon Guterres.

L’expérience des dernières COP laisse un goût d’inaccomplissement dans la bouche de beaucoup. Nous nous souvenons tous des larmes d’Alok Sharma, président de la COP26 à Glasgow, face aux termes insuffisants du pacte finalement adopté. En 2022, la COP27 de Sharm el-Sheikh a été marquée par un puissant lobbyisme des industries fossiles. Le résultat en fut un texte qui ne renouvelle pas les ambitions sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre, quoiqu’il instaure un fonds de solidarité pour les pays les plus touchés par le changement climatique.

Ainsi, face à la pratique des sommets ne concevant la transition écologique que dans le cadre d’un capitalisme vert, il n’existe pas d’autre possibilité que celle d’un projet résolument populaire, sortant les logiques de production des griffes du capital et de la rentabilité à court terme. 


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