Quand l’université s’effondre

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Selon un rapport de la Cour des comptes, près d’un tiers des bâtiments universitaires sont en mauvais état.  

La raison de cette dégradation est bien la stagnation des budgets dédiés à la rénovation des bâtiments. Nous nous retrouvons dans une situation d’inégalité entre les bâtiments flambants neufs des pôles universitaires d’excellence qui reçoivent plus de subventions et les universités plus anciennes qui sont laissées progressivement à l’abandon faute de moyens. 

C’est aussi une conséquence de l’autonomisation des universités qui, pour rappel, doivent trouver des financements supplémentaires par elles-mêmes. En l’absence d’aide conséquente de l’État, les conseils d’administration laissent les bâtiments se dégrader. Nous obtenons des facs passoires thermiques et insalubres. 

Plusieurs exemples illustrent parfaitement les conséquences directes que peut avoir cette mauvaise gestion du bâti. Déjà, la fermeture de l’université de Strasbourg et toutes celles qui menacent de suivre faute de moyens face à la hausse du coût de l’énergie. 

Les universités ne parviennent plus à chauffer sans payer une facture exorbitante. La rénovation thermique, depuis longtemps demandée, aurait permis d’éviter cette situation. Payer la facture qui pourrait mettre dans le rouge, fermer, passer en distanciel, ces choix cornéliens n’auraient pas dû exister si le gouvernement avait agi dans le bon sens. 

Au-delà du manque de budget, c’est aussi tout simplement de nombreuses erreurs de gestion qui mènent à des situations fantasques et à des bâtiments qui ne répondent pas aux besoins. L’université Sorbonne Nouvelle en a fait les frais en cette rentrée 2022-2023. 

Après 5 ans d’attente des nouveaux bâtiments, la Sorbonne Nouvelle a enfin pu quitter ses anciens locaux amiantés pour une université flambant neuve. Ce pourrait être une bonne nouvelle si seulement le comité de gestion de la construction de l’université avait écouté l’administration lorsque celle-ci s’est exprimée face aux manquements flagrants de salles de cours. 

Résultats : 30 salles manquent à l’appel, une rentrée décalée de deux semaines, des cours délocalisés ou même dématérialisés. Les étudiant·e·s et le personnel universitaire sont les premiers impactés par ce manque de budget. 

La gestion du bâti universitaire est aujourd’hui dans une impasse. Construire en faisant le choix du rabais comme à la Sorbonne Nouvelle ou attendre de ne plus avoir le choix pour rénover ne sont pas des solutions. 

Ces conditions d’études et de travail sont inacceptables. Alors que la colère monte, le gouvernement devrait se méfier de la force du monde étudiant dans les mobilisations.