La réforme du Bac pro à l’œuvre dès la rentrée 

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La réforme du Bac pro à l’œuvre dès la rentrée 

Dès la rentrée, la réforme du baccalauréat professionnel s’appliquera. Après des mois – voire des années – à inquiéter élèves et enseignants, l’heure fatidique arrive ! 

Des heures de cours sacrifiées

Ce seront près de 170 heures, soit l’équivalent de six semaines de cours, qui seront rognés tous les ans. Cela constitue une grave atteinte à la constitution, pour les élèves, d’un socle culturel commun. En outre, cette suppression drastique d’heures passées en classe limitera les possibilités de réorientations, empêchera davantage encore l’accès à la fac (en moyenne, seuls 3 à 5 % des effectifs d’une promotion en première année de licence sont issus du lycée professionnel, et moins de la moitié encore parvient à obtenir la licence, alors que 30 % des lycéens sont scolarisés dans le professionnel) et entravera plus largement le projet émancipateur et civique qui devrait être celui de l’École.

Dans le cadre de cette réduction des heures de cours, ce sont les disciplines professionnelles qui seront les plus ciblées, avec un amoindrissement de près de 71 heures sur l’entièreté du cycle. Ces pertes sont surtout concentrées en terminale, année même du passage des épreuves du baccalauréat. Ainsi, sur l’entièreté du cycle, on observe une diminution de 42 heures des co-interventions professionnelles / français et de 28 heures des co-interventions professionnelles / maths et sciences.

N’étant accompagnées d’aucun changement, ni des programmes, ni du contenu des épreuves, ces réductions d’heures risquent d’impacter grandement les résultats du baccalauréat, et n’ont pour seule finalité que de discréditer les qualifications des élèves ainsi que leur diplôme.

Les élèves de SEGPA, et particulièrement les plus fragiles, seront, eux aussi, victimes des suppressions d’heures, et ce, dès le collège. L’heure d’approfondissement et de soutien de 6ᵉ sera abrogée, tandis que seront mis en place de stigmatisants groupes de niveaux en français et en maths.

Six semaines de parcours différenciés, une catastrophe annoncée

Au-delà de la restriction des heures passées en cours, la réforme prévoit de décaler une partie des épreuves en mai, et amorce la mise en place d’un parcours différencié sur les six dernières semaines de terminale.

À la fin de l’année, les élèves auront le choix de poursuivre leur éducation au lycée à hauteur de 30 heures par semaine, tandis que les autres pourront passer cette période en entreprise, à l’occasion d’un stage présenté comme un “tremplin” avant leur entrée sur le marché du travail.

En plus d’accroître les inégalités entre les élèves quant au passage des oraux et des épreuves de Prévention – Santé – Environnement (PSE) maintenues en juin-juillet (les élèves restant au lycée seront plus préparés), les stages ne seront pas plus formateurs et certificateurs qu’ils ne seront rémunérés. Les 30 heures hebdomadaires de cours, pour ceux qui opteront pour cette option, présentées, elles, comme s’inscrivant dans une préparation à la poursuite des études, ne compteront que 17 heures d’enseignements disciplinaires. Entre rassemblements par projets, voire par groupes de niveaux, les emplois du temps des élèves risquent également d’être grandement chamboulés au cours de cette période.

Le syndicat de l’enseignement professionnel public de la FSU (SNUEP-FSU), majoritaire au sein du personnel, a annoncé poursuivre sa lutte contre la réforme et souhaite instaurer un vaste plan de financement afin d’améliorer les conditions de travail des professeur·es de lycée professionnel et de garantir des enseignements ambitieux pour permettre aux élèves d’accéder à une première qualification par un diplôme et des poursuites d’études réussies.”


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