La vie d’un jeune Palestinien à Jérusalem-Est, Hébron et Tulkarem

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La vie en Israël et en Cisjordanie est très difficile pour les jeunes Palestiniens et Palestiniennes. Ils affrontent chaque jour la colonisation et l’apartheid, largement banalisés par les différents mandats de Netanyahu. Cette violence s’exprime de façons différentes dans les villes du territoire, qui traduisent toutes une chose : la volonté d’Israël de transformer la vie des Palestiniens en cauchemar.

La colonisation banalisée à Jérusalem-Est

Jérusalem-Est est un territoire contesté depuis la guerre des Six Jours. Alors qu’elle était initialement une zone sous surveillance internationale puis sous contrôle arabe, Israël l’a annexée en 1980. Les Nations unies ont toujours considéré cette absorption comme une violation du droit international.

Depuis 1967, les autorités israéliennes mettent donc tout en œuvre pour que les populations arabes locales ne se sentent plus chez elles. Les jeunes Palestiniens n’ont jamais connu leur foyer autrement que comme une zone occupée : l’apartheid et la colonisation se déploient de la manière la plus insidieuse qui soit.

Jérusalem est une zone hautement touristique, elle est donc une vitrine d’Israël auprès des visiteurs. La partie Est de la ville a été pleinement incorporée à l’Ouest en ce sens : donner une impression de continuité, de paix sociale. Ce faisant, des logements ou des universités sont construits sur d’anciennes habitations palestiniennes, des lignes de transports relient les deux zones comme le fait le métro entre les arrondissements de Paris, etc.

Dans le quartier de Sheikh Jarrah, la jeunesse est confrontée à une violence d’une rare intensité. Les expulsions sont monnaie courante, et les Palestiniens ont interdiction de rénover leurs maisons. Ces dernières sont parfois occupées par des colons, voire transformées en entrepôts d’armes. La cruauté atteint son paroxysme quand on apprend que des installations touristiques y ont été bâties sur des cimetières. Tout est mis en œuvre pour qu’un jeune Palestinien se sente étranger chez lui.

Hébron, la jeunesse confrontée à la violence

Hébron est une des villes dans laquelle la virulence de la colonisation se fait le plus ressentir. En 1997, son territoire a été partagé en deux zones de contrôle, palestinienne et israélienne. La partie sous autorité israélienne correspond à l’ancien centre historique, qui est aujourd’hui devenu une ville fantôme.

Les jeunes sont confrontés à la même violence que leurs aînés : Tsahal ne fait aucune distinction quand il s’agit de réprimer. Lorsqu’ils envoient leurs enfants à l’école, les parents ne savent parfois pas s’ils les reverront le soir… ce qui en pousse certains à ne pas les scolariser du tout. En effet, l’école en territoire occupé est régulièrement inspectée par les soldats d’Israël, et se situe à deux pas d’une rue dont l’accès est strictement interdit aux Palestiniens, parfois sous peine de mort.

La violence s’exprime aussi directement entre les enfants. À l’occasion de sa visite d’Hébron avec l’association Youth against settlement, la délégation du MJCF a pu constater la banalisation des altercations. Plus d’une vingtaine de jeunes colons se sont regroupés devant la maison de l’association, protégée par des barrières, pour jeter des pierres sur les enfants Palestiniens. Tout cela sous le regard passif des militaires présents. Même si le pacifisme est au cœur des valeurs de YAS, il est parfois difficile de dissuader les enfants attaqués de répliquer : ils risqueraient beaucoup en le faisant.

Tulkarem, la vie au pied du mur

Au nord-ouest de la Cisjordanie, les habitants de Tulkarem souffrent de la présence du mur au quotidien. Les Palestiniens employés en Israël, notamment les jeunes, doivent traverser quotidiennement les checkpoints qui les séparent de leur lieu de travail : les contrôles et les fouilles sont rentrés dans leurs habitudes.

La présence israélienne pèse également sur la vie de la jeunesse à l’intérieur même de la ville. L’armée israélienne y effectue des visites régulières, ouvre parfois le feu sur des habitations, en particulier dans un camp de réfugiés datant de la Nakba. Ce camp abrite un nombre incalculable d’enfants, qui ont grandi dans la peur et la violence quotidienne. Les rares services auxquels ils ont accès sont sous-financés : l’éducation, la santé sont autant de « privilèges » dont ils profitent peu. Leur vie est marquée par l’existence d’un trafic de drogue dévastateur, alimenté par le Mossad et visant à bannir toute forme de vie paisible.

Finalement, même les aspects les plus simples de la vie sont rendus compliqués. Certains jeunes vivant à Tulkarem depuis toujours n’ont jamais vu la mer : elle est pourtant à 12 kilomètres derrière le mur.