L’année de terminale saccagée

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C’est l’année de terminale qui subira les plus grandes attaques dans le cadre cette réforme du baccalauréat professionnel.

L’enseignement professionnel en berne 

Celle-ci se déroulera en deux parties. L’ensemble des heures de cours et les stages de l’année seront concentrés entre septembre et juin. Alors que les stages ponctuaient avant les semaines de cours pour pouvoir faire le lien entre classe et terrain professionnel, ceux-ci s’effectueront en un ou deux blocs, rendant plus difficile leur exploitation pédagogique. 

Ce resserrement de l’année scolaire aura pour conséquence de retirer 87 heures de cours, soit quasiment quatre semaines sur toute l’année. En effet, si le gouvernement communique sur des heures d’enseignements généraux en plus, il oublie de dire que des dizaines d’heures d’enseignements professionnels, eux, vont être supprimés pour être remplacés par plus d’heures de stages.

L’illusion du choix 

La seconde partie de l’année sera elle laissée au « choix » des élèves. Ceux-ci auront la possibilité d’effectuer six semaines de stages supplémentaires ou six semaines de « préparation à la poursuite d’étude ». Mais ce choix risque de ne pas en être un pour beaucoup. 

Avec la nouvelle rémunération des stages (certes très faible), nombre d’élèves en difficultés scolaires et sociales risquent de se tourner vers les stages afin de gagner quelques centaines d’euros. Une logique d’ailleurs parfaitement assumée par la ministre déléguée à l’Enseignement et la Formation professionnels qui déclare que ces stages supplémentaires feront ainsi office de  « premier emploi ». Un abandon donc de la logique formatrice des stages pour en faire un moment de travail – sous-payé donc – au service du patronat des filières dites « en tension ». Pour les autres élèves plus en réussite et qui souhaiteraient continuer dans le parcours « poursuite d’étude », une question se pose : quel sera le contenu de ces enseignements, et qui les dispensera ? En effet, les professeurs de lycée professionnel auront, eux, effectué toutes leurs heures au mois de mai.

Avec cette réforme, l’année de terminale devient ainsi moins une année de formation qu’une rampe de lancement vers l’exploitation des mineurs par le patronat.


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