La guerre en Ukraine expose les femmes aux violences

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Quelques jours après l’invasion, Osez le Féminisme ! relayait dans un tweet une information glaçante : « ukrainienne » était devenu le terme le plus recherché sur les sites pornographiques. La guerre en Ukraine expose les femmes aux pires violences et livre des milliers d’entre elles aux mains de réseaux de traites d’êtres humains.

La vidéo a fait le tour du web. Deux femmes, interrogées par BFM TV, se plaignent de la lenteur de l’administration ukrainienne pour faire reconnaître leurs droits parentaux sur l’enfant sorti du ventre qu’elles ont loué. À aucun moment, le sort de la mère n’est pris en considération. Un business juteux pour les groupes privés qui se servent au passage en organisant cette location de corps humains. Comme la plus grande entreprise du secteur dans le pays, BioTexCom, qui lance une grande campagne de publicité. « Make babies, not war ». Cette industrie se nourrit de l’extrême précarité des femmes. Elle repose principalement sur les Ukrainiennes ayant fui la région du Donbass. Des réfugiées à l’intérieur de leur propre pays, plongées dans une situation d’extrême vulnérabilité. Nul doute que la guerre actuelle offre à ces esclavagistes de belles perspectives de recrutement. Si rien n’est fait pour mettre fin à leur ignoble exploitation de la misère. 

Avec l’exil imposé à des milliers d’Ukrainiennes, les réseaux prostitutionnels sont à l’affût. Comme l’a illustré le démantèlement d’un réseau de prostitution au sein de l’armée française en octobre 2021, les femmes ukrainiennes sont depuis longtemps exposées aux réseaux de traites d’êtres humains. Après la chute de l’URSS, l’Organisation internationale pour les migrations estimait que 500 000 femmes ukrainiennes avaient été « exportées dans le cadre de la traite vers l’Ouest » depuis 1998. Ce qui en fait le pays d’Europe de l’Est le plus touché par les traites d’êtres humains. Loin de la hype que les discours ultralibéraux soi-disant prosexe veulent construire autour de la prostitution et de la pornographie, il faut affirmer que ces deux « industries » se nourrissent de l’extrême précarité et des situations les plus violentes. Pour plonger des dizaines de milliers de femmes dans une situation touchant le plus souvent à l’esclavage sexuel. Comme le rappelle la psychiatre Muriel Salmona, la prostitution entraîne des conséquences psychotraumatiques. Comparables à celles observées en cas de guerre ou de torture.

Malheureusement, l’exposition des femmes aux violences sexuelles lors des conflits armés ne fait l’objet que de déclarations de principes à l’ONU. La protection des femmes et la prise en charge des victimes rencontrent une franche opposition. Notamment de la part des États-Unis. Nadia Murad avait pourtant martelé dans son discours l’urgence à protéger les victimes de traite d’êtres humains. Elle soulignait qu’après les crimes commis par Daesh contre la communauté yézidie en Irak et en Syrie « pas une seule personne n’a été traduite en justice pour esclavage sexuel ». Elle a fermement dénoncé l’hypocrisie de la communauté internationale. « Nous prononçons des discours à l’ONU, mais aucune mesure concrète ne suit ».


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