Coupe du monde 2022 : première semaine et déjà de la politique

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Nous y voilà. Après des mois de polémiques, d’appels plus ou moins ouverts au boycott, d’imbroglios diplomatiques, la décriée Coupe du monde 2022 de football s’est ouverte ce dimanche au Qatar. 

Alors que les organisateurs et chefs d’État — Emmanuel Macron en tête — ont tout fait pour dépolitiser l’événement, les premiers jours de compétition montrent que la politique a bien été au rendez-vous de ces débuts de phases de poules. 

Tour d’horizon de ces premiers jours, sans oublier, bien sûr, les résultats ! 

On a aimé

Le refus de chanter l’hymne des joueurs iraniens

Alors que leur pays connaît une révolte féministe depuis maintenant plusieurs semaines, les joueurs de la sélection iranienne ont donné une magnifique leçon de politique dès le deuxième match de cette coupe du monde qui les opposait à l’Angleterre. 

En restant muets durant leur hymne national, les footballeurs ont ainsi rendu hommage aux victimes de la répression dans le pays qui a déjà fait plus de 300 morts selon l’ONU. 

Le genou posé à terre de l’Angleterre

Même match, même attitude digne des joueurs. Après que leurs homologues ont refusé de chanter leur hymne, les Anglais ont eux choisi de débuter la rencontre en posant le genou à terre, symbole de lutte contre les discriminations très utilisé dans le sport outre-Manche et outre-Atlantique. 

Geste historique des luttes antiracistes, le symbole avait été repopularisé en 2016 par le joueur de football américain Colin Kaepernick pour dénoncer les violences policières à destination des personnes noires aux États-Unis. 

La belle performance des bleus face à l’Australie

Côté sportif aussi, il existe de bonnes raisons de se réjouir. L’entrée fracassante des bleus dans la compétition en est indéniablement une. 

Après une entame de match catastrophique, avec un bloc défensif navrant de désorganisation qui aura fait concéder un but aux champions du monde dès les premières minutes, les bleus ont su remonter la pente rapidement. 

La révolte a été sonnée  de la tête par Adrien Rabiot, que l’on a retrouvé à l’origine du deuxième but quelques minutes plus tard par Olivier Giroud, de la tête lui aussi. 

Les bleus ont ensuite pu largement dominer le match face à une équipe d’Australie qui semblait bien incapable de se projeter, permettant ainsi à Olivier Giroud — encore lui — et à Kilian M’bappé d’enfoncer le clou. 

Une belle performance qui ne lève cependant pas tous les doutes sur cette équipe, qui devra montrer un visage plus rassurant dès les premières minutes samedi face au Danemark. 

Giroud à un but de l’histoire

Côté bleus toujours, comment ne pas mentionner le doublé d’Olivier Giroud face à l’Australie qui lui a permis d’égaler le record du nombre de buts en Équipe de France avec 51 réalisations ? 

Reste maintenant à dépasser le record dans les prochains matchs, afin que l’attaquant si souvent décrié rentre définitivement au Panthéon des meilleurs joueurs de l’Équipe de France.

On a moins aimé 

L’entrée en compétition du Qatar 

Ce n’est une surprise pour personne : le Qatar n’est pas une nation de foot. Mais on espérait tout de même mieux d’une équipe hôte de la Coupe du monde. 

Menés au score dès la 16e minute, les Qataris se sont montrés incapables d’enchaîner des phases de jeu collectives de qualité et n’ont montré à aucun moment une capacité à recoller au score. 

Ils deviennent ainsi le premier pays hôte à perdre son match d’ouverture, comme un symbole que l’argent ne peut, heureusement, pas tout acheter. 

Le manque d’ambiance dans les stades

Absence de culture sport, toujours, les spectateurs du mondial n’auront pas pu échapper à l’ambiance terne des premiers matchs dans les stades. 

Tribunes désertées dès la fin de la première mi-temps lors du match d’ouverture, public clairsemé pour le premier match des tenants du titre mardi face à l’Australie… À vouloir jouer coûte que coûte dans un pays où le sport national est plus le cricket que le foot, Maracana et le Stade de France semblent bien loin.

Les blessures à répétition et les stars manquantes

Cela n’aura manqué à la vigilance d’aucun supporter : de nombreuses stars du ballon rond seront absentes des terrains durant cette compétition. 

La liste des seuls absents de la sélection française a de quoi donner des remords aux amoureux du foot : Pogba, Kimpembe, Kanté, Benzema… 

Cela sans compter la sortie sur blessure de Lucas Hernandez mardi soir face à l’Australie, officiellement forfait depuis mercredi. 

Avant le coup d’envoi de la compétition, d’autres joueurs ont dû renoncer à leur rêve à l’instar de l’attaquant marocain Amine Harit, blessé juste avant d’entamer la compétition. 

Loin de n’être que des hasards physiques, ces blessures en cascades sont la conséquence logique d’un calendrier sportif chamboulé pour satisfaire aux demandes du Qatar. Celui-ci aura obligé les joueurs à jouer un grand nombre de matchs à la suite durant la première partie de saison régulière tout en se rendant au mondial sans récupération ni préparation suffisante. 

Le palmarès de la honte 

La FIFA qui panique pour un brassard

Alors qu’on pensait la FIFA déjà couverte de honte par les multiples scandales entourant la Coupe du monde et sa complicité criminelle, celle-ci semble aller toujours plus loin dans l’indécence. 

Cette fois-ci, elle s’en est prise aux 7 sélections qui avaient prévu de porter un brassard au message ô combien politique et polémique : « One love ». 

Symbole du refus de toutes les discriminations, le port d’un tel insigne est passible d’un carton jaune pour celui qui l’arborerait. Une menace qui aura conduit les sélections à renoncer à l’utiliser. 

Derrière les actes de la FIFA, c’est aussi la lâcheté des fédérations et des chefs d’État qui domine : comment imaginer que l’institution entame de réelles sanctions si les dirigeants des pays affirmaient fermement le refus d’un tel chantage ? 

La censure de la FIFA vis-à-vis des supporters

Décidément, la FIFA sait être l’allié zélé de la dictature qatarie pour museler toute forme de contestation politique durant le mondial. 

Après avoir confisqué à des supporters iraniens des pancartes « Femme, vie, liberté » durant le match face à l’Angleterre, ce sont des supporters gallois qui ont subi la censure en se voyant refuser l’entrée dans le stade à cause de chapeaux aux couleurs arc-en-ciel, symbole de la lutte contre les discriminations envers les LGBTI. 

La censure a poussé les joueurs allemands à se bâillonner sur leur photo officielle avant leur premier match contre le Japon.