Conditions de travail pendant les JO : le gouvernement revient sur ses engagements, la CGT riposte

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Conditions de travail pendant les JO : le gouvernement revient sur ses engagements, la CGT riposte

Vendredi 24 novembre 2023, le gouvernement publiait dans le Journal officiel un décret permettant de suspendre le repos hebdomadaire dans les entreprises en lien avec l’organisation des Jeux olympiques de Paris cet été.

La CGT, attentive à la possibilité de régression des conditions de travail au cours de la tenue dudit événement, entreprend de riposter, et a déjà déposé un préavis de grève dans la fonction publique sur la période des Jeux.

Des engagements en faveur du monde du travail

Depuis l’obtention par Paris de l’organisation des Jeux olympiques, la CGT est à l’affût des entorses qui pourraient être faites au droit du travail dans le cadre de la tenue de l’événement. 

En effet, l’organisation des Jeux de Paris 2024 ne coûtera pas moins de 9 milliards d’euros, tandis que près de 16 millions de visiteurs seront attendus sur la capitale pour l’occasion. Plusieurs centaines de milliers, si ce n’est millions, de travailleurs franciliens seront plus ou moins directement mobilisés pour l’occasion, et il sera primordial de veiller à la garantie de leurs droits dans le contexte du déroulé d’un événement aussi exceptionnel que celui-ci. 

Ainsi, le 20 mars 2017, la CGT signait déjà aux côtés de toutes les organisations syndicales et patronales, ainsi que du Comité de candidature, une Charte de responsabilité sociale composée de 16 engagements, visant à préserver au mieux les conditions de travail pendant les JO.

L’offensive patronale et gouvernementale contre le repos hebdomadaire

Problème : cette charte, bien qu’inédite, n’est pas contraignante juridiquement, et s’avère n’être en réalité qu’une liste de vagues engagements politiques. Ainsi, le patronat et le gouvernement avaient essayé de déroger au droit de repos hebdomadaire des salariés, mais cette tentative avait, dans un premier temps, été repoussée par une offensive syndicale.

En dépit de ses engagements sociaux, l’exécutif a choisi de persévérer. Le gouvernement a pris un décret sur le fondement du droit commun autorisant les dérogations au repos hebdomadaire. Il s’agit là d’une remise en cause historique d’un droit fondamental pour les travailleurs, qui seront déjà surmobilisés par l’organisation des Jeux.

Ce décret concernera l’ensemble des salariés des établissements chargés de la captation, de la transmission, de la diffusion et de la retransmission des compétitions ainsi que de l’organisation des épreuves et du fonctionnement des sites.

La CGT à l’avant-garde de la riposte sociale

Face à ce décret, la CGT a déjà engagé un contentieux devant le Conseil d’État. L’organisation syndicale dénonce une violation de la Charte et des engagements pris par le gouvernement en faveur de la préservation des droits des travailleurs, mais également un champ professionnel et temporel beaucoup trop large : le décret touchant l’ensemble des secteurs, de l’hôtellerie à la restauration en passant par les transports et le nettoyage, et s’appliquera du 18 juillet au 14 août alors même que les JO ne se tiendront que du 26 juillet au 11 août.

Le jeudi 7 mars, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a également annoncé déposer des préavis de grève dans la fonction publique sur la période des Jeux olympiques, pour faire face aux multiples violations du Code du travail, qui risquent de s’accumuler au cours de l’évènement.


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